Sauvons la bibliothèque Sainte-Geneviève !
Vous avez aimé cet article, partagez le !

Le Comité Quartier Latin relaie une pétition au sujet de la sauvegarde de cette bibliothèque, patrimoine du Quartier Latin

"Cette tribune de chercheurs et d’enseignants-chercheurs exprime les inquiétudes du public de la bibliothèque Sainte-Geneviève face aux récentes décisions de l’Université Sorbonne Nouvelle.

La bibliothèque Sainte-Geneviève est en danger.

Cette vénérable institution conserve les collections exceptionnelles héritées de l’abbaye Sainte-Geneviève, continûment enrichies jusqu’à atteindre aujourd’hui plus de deux millions de documents dont 250 000, anciens, rares ou précieux, forment l’un des fonds patrimoniaux les plus importants de France et d’Europe. Le bâtiment bien connu qu’elle occupe place du Panthéon depuis 1850, conçu par l’architecte Henri Labrouste, est classé au titre des Monuments historiques et constitue un joyau de l’architecture, étudié, copié et admiré dans le monde entier. L’importance de la bibliothèque Sainte-Geneviève, tant de ses collections que de son bâtiment, est unanimement reconnue comme un élément fondamental de notre patrimoine national.

Le travail des équipes de la bibliothèque pour conserver et transmettre ce patrimoine est, lui aussi, apprécié des lecteurs, mais souffre d’un manque chronique de moyens. De nombreux travaux de restauration et de rénovation ont été entrepris depuis plusieurs années afin, non seulement, d’offrir au public les meilleures conditions de travail et les services qu’ils sont en droit d’attendre ; mais aussi d’assurer, simplement, la sécurité des biens et des personnes.

C’est dans ce contexte que de vives inquiétudes surgissent, tant au sein du personnel qui a débuté un mouvement de grève, que des lecteurs. Universitaires, chercheurs, enseignants-chercheurs et enseignants, nous souhaitons rendre publiques ces inquiétudes.

En effet, tout le monde s’accorde à reconnaître que les nombreux travaux réalisés sur le bâtiment étaient nécessaires mais qu’ils ne sont pas suffisants, et que d’autres, de grande ampleur, doivent encore être menés pour le sécuriser complètement (toiture, électricité…). Pourtant, contre toute logique, l’université de tutelle de la bibliothèque, l’Université Sorbonne Nouvelle, a récemment décidé de réorganiser les équipes ayant pour responsabilité le patrimoine immobilier, la surveillance des bâtiments et la direction des travaux, pour les affilier directement à l’Université et ainsi les couper de la bibliothèque.

Ce jeu de passe-passe en gestion des ressources humaines prive la bibliothèque des moyens humains, déjà faibles, absolument nécessaires à son fonctionnement et à la sécurité du bâtiment, des collections, du public et des agents. Il supprime ainsi la totalité de son département dédié au Patrimoine immobilier, laissant les équipes sans aucun agent compétent sur place à qui se référer en situation d’alerte sur le bâtiment ou les collections, et privant enfin l’institution de deux postes de conservateurs, dont les supports de poste avaient été temporairement dévolus à l’immobilier justement par manque de moyens humains dans la bonne filière.

Il représente enfin un risque considérable pour la bibliothèque. Nous avons tous à l’esprit le souvenir de la catastrophe de Notre-Dame, il ne faudrait pas que de bas calculs gestionnaires fassent de la bibliothèque Sainte Geneviève, au patrimoine inestimable, la prochaine sur la liste.

À cela s’ajoute un signal très négatif envoyé à la bibliothèque mais aussi à ses lecteurs.

Pendant toute la crise sanitaire, les bibliothèques universitaires, la BSG en tête, sont restées ouvertes dans des conditions sanitaires très strictes, rendant le travail des équipes encore plus difficile, quand la plupart des autres services universitaires fermaient ou réduisaient largement leur ouverture. La bibliothèque Sainte-Geneviève, comme ses consœurs, a joué un rôle de premier plan dans le maintien de conditions décentes de travail pour les étudiants, à tel point que le sérieux et le professionnalisme des bibliothèques universitaires ont été salués dans la presse.

Or, en réponse à cet engagement épuisant pour les bibliothécaires de la BSG, l’Université Sorbonne Nouvelle a décidé, sans aucune concertation, de réduire les primes que les agents les plus précaires, les magasiniers, reçoivent en compensation de l’ouverture de la bibliothèque à des horaires très larges, de 10h à 22h du lundi au samedi, et qui constituent l’un des services les plus appréciés. Dans ces conditions, cette ouverture tard le soir et six jours par semaine, inscrite dans l’identité de la bibliothèque Sainte-Geneviève, est remise en cause, faisant des lecteurs– étudiants au premier chef – les victimes d’une politique budgétaire qui ne paraît tenir aucun compte des conditions nécessaires à la réussite des étudiants.

L’ensemble de ces décisions, qui s’ajoute à une liste déjà longue de restrictions, met en danger une institution dont le rayonnement international devrait être une fierté.

Face aux dangers que court la bibliothèque Sainte-Geneviève, nous exprimons publiquement nos plus vives inquiétudes et appelons l’Université Sorbonne Nouvelle à revenir sur ses récentes décisions concernant la bibliothèque et à lui garantir les moyens humains et financiers d’un fonctionnement serein et pérenne.

Nous encourageons, enfin, tous les publics de la bibliothèques (chercheurs, enseignants-chercheurs, étudiants, lecteurs, anciens lecteurs…) et toutes les personnes attachées à la culture à nous rejoindre en signant avec nous ce texte de pétition, afin que soit préservé le patrimoine de cette bibliothèque exceptionnelle."



Ce 30 novembre, à 17h, Joséphine Baker est entrée au Panthéon pour son engagement dans la Résistance pendant la seconde guerre mondiale et sa lutte contre le racisme, autre versant de sa vie de chanteuse, danseuse, actrice et meneuse de revue, mondialement connue.

Au temps où la télévision n’existait pas, les cinémas de quartier étaient très nombreux, comme le raconte Thierry Depeyrot dans la revue "Histoire et histoires du 13ème"