Wikwas timanikan César
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César est l’héritier du savoir-faire des Atikamekw et la forêt n’a pas de secret pour lui. Il sait en faire un canot d’écorce de bouleau.

Tout commence par des chants d’oiseaux. L’histoire n’aura pas de parole. L’image est pure et vos sens, pour peu que vous soyez curieux et attentifs, en sont plus ouvert encore.

Nous sommes au Québec, à des dizaines de milles au nord de Montréal, dans la réserve Manouane des Atikamekw, en 1971. César Newashish a 67 ans et il possède un savoir-faire qui se perd : construire un canot d’écorce à la manière traditionnelle. De l’écorce de bouleau, des planches de cèdre, de la gomme et des racines de sapin. Rien de plus. Seule la main de l’homme qui manie des outils simples : un couteau, un racloir, un poinçon, une hache. C’est presque tout.

Bernard Gosselin filme méticuleusement la main de l’homme. La vie autour aussi. Le chien qui dort ou qui descend de l’échelle. Les enfants qui jouent. Il a été l’un des précurseurs du cinéma direct au Canada. Ici, donc seule l’image parle. Quelques cartons d’explications - en trois langues, il faut le souligner - aide simplement le spectateur à suivre le processus de fabrication. Là, est la magie de ce cinéma.

Sans artifice, on est pris par l’histoire et les différentes étapes, complexes sans en avoir l’air qui conditionnent la mise à l’eau de cet objet simple en apparence qu’est un canot d’écorce. Et qui surtout, mobilise tout un savoir-extraire des ressources de la forêt et de les traiter.

L’écorce du bouleau, qu’il faut aller chercher à la bonne saison, puis détacher lentement du fût, précautionneusement. Coudre avec des racines de sapin. C’est d’abord les extraire du sol, les fendre en deux, les rouler en bobines, les faire tremper dans de l’eau chaude pour les assouplir. Pour les varangues (qui les côtes du canot) on prendra du bois de cèdre, mais il faut les tailler et les faire tremper plusieurs jours dans l’eau. Puis, leur donner la forme voulues. Elles passeront par l’eau chaude, seront pliées avec le genou, sècheront sur un gabarit et, au bout de quelques jours, garderont leur forme finale. Pour la proue et la poupe, on utilisera aussi une structure en bois de cèdre, mais les montants auront d’abord été divisés en de fines lamelles. Ainsi, César peut les plier à sa guise. Une fois cousus, ils auront toute la résistance et les souplesse voulues. Et pour étanchéifier le tout : un mélange savant de gomme et de graisse animale forme une pâte qui s’applique à chaud sur les coutures.

Mais tout à l’air simple, presque évident. Naturel. Un grand moment de respiration.


Projection exceptionnelle – 30 septembre 2016 – 20h
César et son canot d’écorce (57’/ 1976)
au Studio des Ursulines



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