SAUVONS LES ANIMAUX DU ZOO !
31 août 2020 | Alain Garabiol | Lire | Littérature | Zoologie |
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Il y a 150 ans se déroulait la guerre franco-prussienne. Un de ses épisodes marquants est le siège de Paris. Fred Morisse en fait la toile de fond de son roman.

"Sauvons les animaux du zoo", c’est un roman-plaidoyer en faveur du droit des animaux, mais c’est avant tout un très bon document sur les difficultés extrêmes des Parisiens lors du blocus de la ville par l’armée prussienne de septembre 1870 à janvier 1871.

L’héroïne du roman, Zélina, habite avec ses parents et son jeune frère rue de l’Arbalète, dans un 5ème arrondissement alors populaire. Sa famille, comme presque toutes les autres, a bien du mal à se nourrir et a très froid - il n’y a plus de chauffage et cet hiver est particulièrement rigoureux. Il faut, chaque jour, faire la queue, à l’aube, très longtemps, dans le froid, pour obtenir une ration de viande et de pain.

Son père est de garde sur les remparts- il faut protéger Paris de l’invasion prussienne- sa mère travaille comme couturière, elle confectionne des ballons qui s’envolent, remplis de courriers, vers la province, de la gare d’Orléans - ancien nom de la gare d’Austerlitz.

Zélina, qui aime profondément les animaux - elle est végétarienne par conviction - s’inquiète du sort des bêtes du zoo du Jardin des Plantes. Elle est affligée d’apprendre que plusieurs d’entre elles ont été vendues à des bouchers et à des restaurants, et veut à tout prix sauver celles qui sont encore en vie. Mais comment ? La générosité de Zélina va de pair avec sa naïveté : elle projette de capturer les petits animaux du zoo et de les remettre en liberté au bois de Vincennes. Avec son frère et des amis, une nuit, elle s’introduit au zoo... mais, cette nuit là, pour la première fois, les Prussiens lancent des obus sur le centre de Paris et notamment sur le Muséum. Il ne s’agit alors plus de libérer des animaux mais de sauver sa vie !

Ce roman nous rappelle que les animaux familiers ont été des victimes de cette guerre, les chevaux particulièrement - les boucheries chevalines voient alors le jour - mais aussi les chiens et les chats qui étaient capturés pour être vendus à des bouchers. C’est Elias, le frère de Zélina, qui a l’idée d’attraper félins et canins errants pour les mettre à l’abri dans des appartements désertés par leurs occupants ; ceux-ci se sont réfugiés en province ou dans le nord de la Capitale épargné par les bombardements prussiens. Ces chiens et chats sont ainsi mis à l’abri par cette fratrie jusqu’à l’armistice signé le 28 janvier 1871.

Fred Morisse, dans un style alerte, a le don de faire revivre des lieux disparus comme les étangs gelés de la Glacière ou le passage Moret au bord de la Bièvre, un des quartiers alors les plus pauvres de Paris. Et il sait évoquer des lieux populaires, comme le marché des Patriarches et une cantine rue de l’Epée de bois, où des repas sont offerts aux nécessiteux. Un moment fort de l’histoire est la découverte d’un passage secret des Catacombes dans le 13ème arrondissement.

C’est un roman à la fois réaliste sur le blocus subi par les Parisiens en 1870 et idéaliste sur la manière de considérer les animaux.

- "Sauvons les animaux du zoo", de Fred Morisse, "Éditions Chants d’orties" et "Éditions Le bas du Pavé"



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