Depardon 1962-1963, photographe militaire
5 décembre 2019 | Alain Garabiol | En Une | Voir | Exposition |
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Une exposition au Val de Grâce permet de découvrir les clichés réalisés par le photographe pendant son service militaire

Première photo en noir et blanc de l’exposition : Raymond Depardon, 20 ans, son Rolleiflex dans les mains, en reportage sur un escorteur, au large de Toulon. Deux ans plus tôt, en 1960, de passage à Alger, il a rencontré des militaires qui, travaillant pour le magazine de l’armée, "Bled", lui ont conseillé de faire son service militaire comme photographe dans cette revue. Conseil suivi d’effet : il a intégré "TAM" (Terre-Air-Mer) qui, en juillet 1962, a remplacé "Bled". Ce nouveau magazine se veut le "Paris-Match militaire" : les reporters sont envoyés dans tous les coins de France pour montrer une image dynamique d’une armée à la fois technique et proche de la population.

Pendant un an, Depardon va faire un "Tour de France" militaire, en service commandé, aux côtés des différentes unités, et photographiera depuis le sol, le ciel et la mer. Les pellicules sont essentiellement en noir et blanc -il n’y a que six photos en couleur dans l’exposition. Sur ses 2000 photos-chaque pellicule comportait 12 vues de 6x6 cm- 130 seront publiées dans "TAM", dont 9 en couverture.

Reporter pour l’armée, il est cependant, avant tout, photographe. Il est très intéressant de lire l’article qu’il publie dans la revue, sous le titre "L’oeil photographique", en juin 1963. Il y donne des conseils et écrit notamment : "Chacune des images doit représenter une tranche de vie, raconter une histoire" et, "au delà de la perfection technique, c’est l’élément humain qui marquera vos photos du sceau de l’originalité".

L’élément humain, c’est en effet ce qui caractérise l’art de Depardon. Dans ce travail imposé, il parvient parfois déjà à le montrer. On le voit par exemple dans "Officiers pendant des manoeuvres franco-britanniques", "Rafraichissement dans la cour d’une ferme pendant les manoeuvres militaires", "Soldats visitant le Salon de l’agriculture", "Instruction d’un élève-pilote devant un avion" et, surtout, sur les photos réalisées à l’Ecole des enfants de troupe d’Aix-en-Provence.

L’humour n’est pas absent, comme le manifeste le cliché d’un char croisant un berger et son troupeau de moutons.

Une forme de détachement poétique s’exprime parfois, comme "l’ascension estivale du Mont-Blanc" ou ce parachute lointain qui descend sur la ligne séparant le ciel et la mer.

"Eternisez vos instants précieux" écrivait Depardon dans "TAM", en 1963, à l’orée de sa carrière de photographe.

Cette exposition est aussi l’occasion de redécouvrir ce lieu magique qu’est le Val de Grâce.

- Jusqu’au 30 janvier 2020, au Musée de l’école du Val de Grâce, 1, place Alphonse Lavéran, 75005 Paris, mardi, mercredi, jeudi, samedi et dimanche de 12h à 18h.



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