Les cinémas d’Art et d’Essai
27 janvier 2016 | Claire Jeantet | Cinéma | Voir | Revue de Presse |
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Revue de presse, suite à la lecture de l’article du Monde « Les cinémas parisiens au bord de la crise de nerfs ».

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Avant la revue de presse, un petit point d’histoire

Le Centre National du Cinéma (CNC) a été créé en 1946, pour favoriser notamment la production française face à l’importation massive de films américains.
La TSA (taxe spéciale additionnelle) est mise en place dès 1948 : 12% du prix de vente d’un billet de cinéma sont prélevés pour nourrir un fond de soutien à la production cinématographique française. Aussi bien les projections de films français qu’étrangers sont taxées.

Le CNC délivre deux principales aides. D’une part, les aides automatiques pour les films à fort potentiel d’entrée (grand public). D’autre part, les aides sélectives pour les films d’auteur ou d’art et d’essai. Au fil du temps, le système d’aides a été complété par d’autres mécanismes (les SOFICA pour inciter les entreprises extérieures au cinéma à y investir, une taxe de contribution des sociétés de télévision, aide à l’écriture de scénario, etc.).

Le CNC décerne également le label « Art et Essai » aux salles de cinéma « qui exposent une proportion conséquente de films recommandés art et essai et qui soutiennent ces films souvent difficiles par une politique d’animation adaptée. »
Les films d’art et essai sont définis comme des œuvres qui connaissent davantage un succès critique que d’audience, ce sont aussi bien des œuvres dites « classiques » que celles faisant preuve de recherches ou d’innovations d’un point de vue cinématographique.

Si vous souhaitez en savoir plus, rendez-vous sur le site du CNC.

Le Quartier Latin, quartier cinématographique entre expansion et récession

Le Quartier Latin rassemble en son sein tant des complexes modernes (UGC et MK2 à Odéon) que des salles estampillées « art et essai ». La petite rue Champollion en abrite trois à elle seule, comme le rappelle Le Monde mais aussi Tarantino au micro de France Inter, le 5 janvier dernier :

« À Paris, de toutes mes rues, ma rue préférée, c’est le Champollion, vous savez, dans la rue, il y a plusieurs petits cinémas, c’est une rue que j’adore. » Tarantino
(France Inter, émission « Boomerang » par Augustin Trapenard, 05/01/2016).

Les cinémas d’art et essai permettent de découvrir des films d’auteurs non distribués dans les grands circuits, de (re)voir des films à l’affiche depuis plusieurs mois (comme au cinéma Le Saint-André-Des-Arts). Ils projettent aussi des films anciens, classiques ou méconnus. Or, l’ouverture du cinéma les Fauvettes, « mini-multiplexe de patrimoine », comme le surnomme Le Monde, et qui projette exclusivement des films du répertoire, inquiète les salles du Quartier Latin. Il leur fait directement concurrence et bénéficie du soutien de la fondation Pathé-Seydoux…

L’article du Monde dresse un tableau bien noir de la situation : face aux 400 écrans parisiens, aux « aspirateurs à entrées » que sont les Gaumont-Pathé, UGC et MK2 (85% des entrées), à la modernisation, création et agrandissement des circuits (comme l’UGC Gobelins), les salles d’art et d’essai font grise mine. Des associations existent déjà comme les Cinémas Indépendants Parisiens (le Grand Action, le Balzac, l’Étoile-Lilas, le Louxor, l’Arlequin, le Studio des Ursulines, les MK2) et l’Association française des cinémas d’art et essai.

Un système d’aides critiqué, des films « invisibles »

Reste à se demander si le rôle de chambre d’écho des petites salles est suffisant face à la production cinématographique tant française qu’étrangère ?
Le mécanisme de l’exception culturelle, brièvement expliqué plus haut, est critiqué par les partisans du libéralisme économique, mais pas seulement. Nombreux sont ceux qui critiquent la concentration verticale entre système de distribution et grandes salles (UGC, Gaumont-Pathé, MK2) et la chronologie des média - « règle qui stipule qu’un film sorti en salle doit attendre quatre mois après avoir disparu des grands écrans pour être disponible en VOD et en DVD, et douze mois pour être diffusé sur une chaîne de télévision payante. » (Le Monde). Patrick Sobelman, producteur, soulignait, en 2014, l’importance des aides du CNC tout en appelant à des « états généraux sur la diffusion des films » pour « lutter contre le risque d’invisibilité de certains films. » (L’Obs-Rue89).

Revue de presse non exhaustive :
L’Obs-Rue89, « Économie du cinéma : “Certains films aujourd’hui sont invisibles” », interview de Patrick Sobelman, 08/02/2014.

Le Monde, « L’économie du cinéma français entrave la diversité de la création », 04/09/2014.

Le Monde, « Les cinémas parisiens au bord de la crise de nerfs », 10/11/2015.

France Inter, émission « Boomerang » du 05/01/2016 par Augustin Trapenard. Invité : Tarantino.

Image © Leo Hidalgo



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