Le portrait d’Esther, une BD sous Spip
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Une BD sur écran d’ordinateur, tablette et smartphone !

Sacré Spip

Spip est un logiciel libre, son acronyme signifie Système de Publication pour Internet et Participatif. Si chaque personne peut l’utiliser à sa façon, il est régulièrement mis à jour et doté de nouvelles fonctionnalités par un groupe de travail. La revue quartierlatin.paris est développée sous Spip, mais c’est d’un autre projet éditorial dont je souhaite vous parler aujourd’hui : Le portrait d’Esther. L’agence Mosquito a développé à partir de Spip un outil (le CmsCoMiCs) qui permet de créer une bande-dessinée numérique animée : un turbo-média.
Le turbo-média utilise le principe de base du diaporama (image qui défile en cliquant) et les ressources de l’animation, du son et de la vidéo. Ainsi, le lecteur n’est qu’en partie maître du défilement, car des cases peuvent automatiquement se superposer, du son se déclencher, etc.
Le portrait d’Esther est une création, et non l’adaptation d’une BD préexistante. Il s’agit d’une fiction historique écrite par le scénariste Romain Bonnin et dessinée par Pierre Jeanneau. Les innovations éditoriales sont donc mises au service de la fiction, et non plaquées sur.

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Un épisode historique et intime à propos des œuvres d’art spoliées par les nazis

Synopsis : « Paris, 1940 : pour échapper aux nazis, la collection de tableaux de Jakob et Roni Blum est emmenée par Galande, un célèbre galeriste, vers une destination inconnue. Dans l’étrange convoi se trouve un petit tableau : le portrait d’Esther, la fille des Blum…
Paris, 2010 : une mystérieuse lettre reçue par Léa Blum, fille d’Esther, fait ressurgir le passé douloureux de la famille. En enquêtant sur le portrait d’Esther, Léa et sa fille Iris sont sur le point de faire une découverte qui changera à tout jamais le cours de leur existence… »

Le scénario est simple, pédagogique à souhait (le projet cible les 15-24 ans). En revanche, les dessins en noir et blanc sont expressifs et nécessitent peu de dialogue. Les animations sont légères et ne perturbent pas la découverte de l’univers. L’épisode du cauchemar de la mère joue avec le découpage traditionnel en cases : grâce à un effet de dézoom et de démultiplication, l’écran devient des cases qui deviennent elles-mêmes des tableaux, emportés par des hommes en uniforme nazi et jetés dans un puit sans fond.
Une pastille rouge permet d’accéder au « carnet noir », c’est-à-dire des approfondissements historiques pour ceux qui le souhaitent. Les textes sont assortis de documents d’archives, audio et vidéo, on peut ainsi entendre le discours de Pétain, le 30 octobre 1940, pour annoncer la collaboration avec l’Allemagne nazie. Des pastilles rouges permettent de retourner à la BD ou de naviguer dans le carnet.

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Un projet transmédia à l’initiative des musées d’Angers

Les musées d’Angers sont les dépositaires de sept tableaux MNR, « Musées Nationaux Récupération », c’est-à-dire des tableaux volés pendant la seconde guerre mondiale et dont les propriétaires n’ont pas encore été retrouvés. En tout 2 143 objets sont inscrits sur cet inventaire spécial et déposés dans plusieurs musées en France. Si les spoliations ont été et sont encore traitées par des services de l’État (qui s’est chargé dès 1945 de récupérer les œuvres spoliées), des juristes et des historiens de l’art, le grand public connaît peu cette histoire, qui touche à la fois le patrimoine national et celui de nombreuses familles.

Les musées d’Angers ont développé un important dispositif de médiation à propos de ce thème délicat : des cartels spécifiques pour les sept tableaux, un dépliant explicatif à destination des visiteurs et un projet transmédia à destination des jeunes et d’un public plus élargi, hors les murs. Un groupe de jeunes de trois établissements différents a été constitué pour accompagner la création de la bande-dessinée. Elle est composée de cinq épisodes, dont le premier a été mis en ligne le 13 janvier 2016. Il est accessible à tous gratuitement.

En savoir plus

Si vous souhaitez en savoir plus sur les œuvres spoliées pendant la seconde guerre mondiale, les musées d’Angers consacrent un dossier et une bibliographie à ce thème.

Côté films et documentaires, rien que pour l’année 2015 :
La Femme au tableau, réalisé par Simon Curtis (2015), raconte l’histoire d’une autrichienne arrivée aux Etats-Unis pendant la seconde guerre mondiale, à 80 ans elle confie à un avocat la mission de récupérer des tableaux de Klimt ayant appartenu à sa famille.
Francofonia, le Louvre sous l’occupation, réalisé par Alexander Sokurov (2015), mêle images d’archives et fiction à la voix off du réalisateur.
Le documentaire produit par France 3, Ilustre & Inconnu - Comment Jacques Jaujard a sauvé le Louvre (2015), était accompagné d’un serious game.

http://portrait-esther.fr/index.html
© Capture d’écran Le portrait d’Esther / agence Mosquito



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