La diaspora littéraire russe à l’honneur
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Le samedi 4 et dimanche 5 février 2017 de 10 h à 18 h, la mairie du Ve se met à l’heure de la littérature russe avec, cette année, une revue de la diaspora littéraire russophone.

Depuis le début du XIXe siècle, les plus grands écrivains russes ont souvent vécu longtemps à l’étranger, ils s’y sont parfois installés et parfaitement intégrés, allant jusqu’à considérer notamment la France ou l’Allemagne comme leur « seconde patrie ». Ainsi Gogol a passé près de dix ans en France et en Italie. Dostoïevski a vécu plusieurs années en Allemagne et y retournait fréquemment. Quant à Tourgueniev, après sept ans passés à Baden Baden, il suit les Viardot à Paris où il passe les douze dernières années de sa vie.


Un week-end d’immersion dans la littérature russe.
Le samedi 4 et dimanche 5 février 2017 de 10 h à 18 h
Plus d’information en fin d’article.


Au XXe siècle, ce sont plusieurs vagues d’émigration qui amènent un nombre tout à fait conséquent de Russes, dont des figures notables du monde de la culture, dans les pays occidentaux.

La « première émigration », dite émigration « blanche », se situe au lendemain de la révolution. On s’accorde en général à dire que ce sont de 1,5 à 2 millions de personnes qui auraient quitté la Russie. En août 1922 plus d’une centaine de personnes sont expulsées par Lénine sur les « bateaux des philosophes » parmi lesquelles on trouve des figures comme Berdiaev, Roman Jacobson, Serguéï Boulgakov. Khodassevitch, N. Berbérova, le poète Gleb Struve… viennent s’installer en France au terme de trajets divers. Ils rejoignent Bounine, Kouprine, Merejkovski, Z. Hippius, Aldanov et d’autres qui ont dès le départ choisi Paris comme lieu d’émigration. La France devient le centre dynamique de l’émigration russe. Les écrivains s’organisent pour publier leurs œuvres en russe, mais veillent également à les voir traduites et s’attachent à multiplier les contacts avec la communauté intellectuelle française, les revues et les maisons d’édition.

Enfin, d’autres, s’intégrant plus encore dans leur pays d’accueil, se mettent à écrire en français et viennent souvent prendre dans la littérature française une place non négligeable. À J. Kessel et M. Druon, en France depuis les années 1910, viennent s’ajouter H. Troyat, Zoé Oldenbourg, les trois premiers devenant académiciens français. Et n’oublions pas Nathalie Sarraute qui est à l’origine d’un mouvement littéraire. La génération suivante marquera elle aussi la culture française, dans la littérature avec Romain Gary, V. Volkoff, G. Matzneff, mais aussi et surtout dans divers domaines artistiques avec Marina Vlady, Laurent Terzieff, Serge Gainsbourg, Michel Polnareff.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, une deuxième vague d’émigration est constituée d’hommes et de femmes qui soit se sont trouvés dans des zones occupées par les Allemands soit ont été fait prisonniers par les Nazis et qui craignent de retourner dans leur pays de peur des représailles.

À partir du milieu des années 1970 en revanche, c’est une nouvelle vague nombreuse et essentiellement composée d’hommes de lettres qui déferle. C’est la « Troisième émigration » dont on date le début avec l’expulsion de Brodsky en juin 1972.

Commence aussi l’émigration voulue ou forcée de Juifs de Russie. Israël est aujourd’hui l’un des très grands centres de la vie intellectuelle et de la production littéraire russes. Le second après Moscou, affirme-t-on non sans raison à Tel-Aviv.
On assiste dans ces mêmes années à des expulsions d’intellectuels et de créateurs, souvent par refus de visa de retour pour des personnalités venant d’effectuer un déplacement à l’étranger parfaitement autorisé. Expulsions accompagnées parfois, comme celle de Brodsky, de déchéance de nationalité. Ayant été autorisé à partir aux USA, Rostropovitch y apprend ainsi brusquement qu’il est déchu de la nationalité soviétique (1978). C’est le cas également de Soljenitsyne qui, arrêté en 1974, est dans les jours qui suivent privé de sa nationalité et envoyé par avion spécial à Francfort. Zinoviev, lui, se voit proposer le choix entre la prison et l’exil.
Ce trouvent ainsi amenés à chercher refuge en Occident un certain nombre des figures les plus notoires du monde littéraire : citons parmi les plus connues : Soljenitsyne, Siniavski, Zinoviev, Maximov, Voïnovitch, Vladimov, Nekassov, Galitch, Boukovski…

C’est ce que l’on a appelé le mouvement des dissidents, qui d’ailleurs n’a jamais été un mouvement et n’a jamais eu de chef de file. S’ils avaient pour point commun l’aspiration à la liberté de création telle que la leur avait fait espérer le Dégel et s’ils vivaient très mal le contrôle idéologique subtil de l’époque brejnévienne, les différences entre eux étaient extrêmes quant à leurs engagements politiques et éthiques.

À partir de 1988, où les déplacements deviennent plus faciles, et surtout après 1993, quand entre en vigueur la loi sur la liberté des déplacements, le flux des partants grandit fortement. La plupart des auteurs sont cependant relativement modérés dans leurs opinions et restent en contact avec les structures culturelles russes, éditeurs et revues, et retournent volontiers dans leur pays où ils sont édités et où ils reçoivent des prix qu’ils vont recueillir.

En France, l’immense majorité des représentants de cette « quatrième émigration » se concentre dans l’Ile de France et dans la région de Nice. Extrêmement diverse quant à ses engagements tant politiques que littéraires, elle est peu soudée, les auteurs n’ayant entre eux que des relations assez superficielles, voire hostiles ; on ne peut plus en fait parler ici de communauté.

Depuis peu, quelques très rares auteurs passent du russe au français. Tel Dimitri Bortnikov qui vient de faire paraître Face au Styx, un premier roman en français. L’auteur russe écrivant en français le plus édité reste cependant V. Fédorovski qui, produisant des romans organisés autour de différents moments de l’histoire russe ou de la vie russe, sait habilement solliciter l’intérêt qu’a souvent montré en France le large public pour ce qu’il appelle traditionnellement l’« âme slave ».

Une place à part et sur le tout devant de la scène est occupée par A. Makine dont les romans écrits en français sont parmi les œuvres de premier plan de la production littéraire française actuelle (Prix Goncourt 1995, pour Le testament français). Il est élu à l’Académie Française, en 2016.

Des traductions des auteurs de la Russie actuelle, paraissant en grand nombre en France (une soixante chaque année). Extrêmement diverses, elles s’appliquant à refléter la richesse et la diversité de la production russe actuelle. Le Prix Russophonie, qui connaît cette année sa 11e édition, récompense la meilleure traduction du russe vers le français. La cérémonie de remise du Prix a lieu traditionnellement dans le cadre des Journées du Livre Russe.

Cette année, les Journées du Livre Russe s’attacheront particulièrement à mettre en valeur les figures littéraires de la diaspora russe : celles du passé avec des tables-rondes évoquant Tourguéniev, Bounine, Soljenitsyne, Siniavski … et les auteurs d’aujourd’hui qui à travers le monde continuent à faire vivre la littérature russophone comme Dina Rubina (Israël), Vladimir Fedorovski (France), Vladimir Lortchenkov (Canada), Mariam Petrosyan (Arménie) ou Maria Rybakova (USA). Nous recevrons également des auteurs russes dont les œuvres ont été traduites en français dans l’année écoulée ainsi que des écrivains français dont l’œuvre se rattache à la Russie (Marc Alaux, Iegor Gran, Paul Greveillac et Cédric Gras).

Des auteurs indépendants, des maisons d’éditions généralistes et spécialisées ainsi que tout le monde associatif russe de France seront présents au Salon du Livre des Journées du Livre Russe. Le programme littéraire des Journées sera également complété par des concerts et des expositions, dans le cadre de la Mairie du 5e arrondissement.

Un week-end d’immersion dans la littérature russe.
Mairie du 5e – 21, place du Panthéon - Paris
Le samedi 4 et dimanche 5 février 2017 de 10 h à 18 h
Cérémonie officielle de remise du 11e Prix Russophonie
samedi 4 février à 18 h30 salle des Fêtes – Mairie du 5e
www.journeesdulivrerusse.frwww.prix-russophonie.fr
Tél. 09 51 33 55 18 – contact.france.oural@gmail.com



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