De l’herboriste au pharmacien
13 octobre 2016 | Docteur Bruno Muraz | Savoir | Pharmacie | Histoire |
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Premier volet d’une Histoire d’une pharmacie du Quartier Latin, la pharmacie qui est actuellement dans le bas de la rue Claude Bernard.

C’est en 1890 que Monsieur Duchamps, créa une officine qui bien qu’identifiable par l’inscription « PHARMACIE DU PROGRÈS » était en fait une herboristerie, qui d’ailleurs n’arborait pas de croix, un des deux emblèmes des pharmaciens.
Monsieur Duchamps était cependant un pharmacien de lère classe, c’est-à-dire que par la nature de ses études qui comprenaient trois années d’école, il avait le droit d’exercer sur l’ensemble du territoire français, alors que les pharmaciens de 2ème classe ne pouvaient pratiquer que dans le département où ils avaient obtenus leur licence.

Dans son officine, il façonnait, à partir de plantes, toutes sortes de potions, élixirs, décoctions, extraits, macérats et autres préparations, toutes faites dans le but de soigner spécifiquement un patient.

Son successeur monsieur Jaunes (1893-1908), et non pas Jaurès comme on peut le lire dans certains ouvrages sur l’histoire de Paris, est en fait le véritable créateur de cette pharmacie.

D’abord il pare son officine de deux croix.

Il faut savoir qu’à l’époque la croix verte, qui était rouge à l’origine, était uniquement un signe d’usage utilisé pour distinguer une pharmacie d’un autre commerce. Ce n’est d’ailleurs que beaucoup plus tard que les deux emblèmes de la pharmacie, le caducée et la croix, ont fait l’objet d’un dépôt de marque professionnel (1968 pour le caducée et 1984 pour la croix).

Mais surtout, sur la façade de son officine est affiché en grands caractères « FABRIQUE DE PRODUITS PHARMACEUTIQUES » et c’est la première grande évolution de la pharmacie : une officine, dirigée par un pharmacien, peut produire elle-même une forme galénique non plus destiné ponctuellement à un patient mais destinée à lutter contre une pathologie, LE MÉDICAMENT.

Très rapidement, conscients de cet énorme changement, des pharmaciens ont crée non plus des officines, mais de petits laboratoires fabricant et distribuant aux pharmacies des : spécialités pharmaceutiques.

De ce fait le successeur de Monsieur Jaunes, Monsieur Drocos (1908-1924) a du abandonner la fabrication de médicaments, à l’exception de remèdes, à nouveau élaborés spécifiquement pour un patient, et réalisés dans son préparatoire.
Parallèlement, la part de l’herboristerie dans toutes les officines a diminué considérablement.

Après Monsieur Drocos, les titulaires de cette officine sont tous issus d’une même famille. Mais leur métier va évoluer considérablement au cours du XXe siècle. Le pharmacien d’aujourd’hui ne fait plus vraiment le même métier qu’hier.

La suite est à lire ici : L’évolution du métier de pharmacien

Pharmacie Muraz, 2 rue Claude Bernard, 75005 Paris



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