Avec les chamanes de Colombie
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Le 21 mai dernier les enfants du Quartier Latin avaient rendez-vous avec les chamanes de l’Amazonie colombienne.

L’année 2017 de l’Institut Français est placée sous le signe de l’amitié et des échanges culturels entre la France et la Colombie. Une amitié qui se fonde sur des actes concrets : saviez-vous que la Colombie compte le plus grand nombre d’Alliances françaises au monde après le Brésil ?

C’est dans ce cadre que l’Association Symphonies culturelles organise une série annuelle de manifestations dans le Quartier Latin autour des connaissances des Amérindiens de Colombie en général, mais particulièrement des Amérindiens situés à l’Est des Andes, autrement dit : de l’Amazonie colombienne. Plus précisément, la communauté Desana qui vit sur les bords du Vaupès et les Uitoto, habitants des marges du Caqueta et du Putumayo : ces trois fleuves étant des affluents lointains de l’Amazone. Nous ne sommes donc pas ici dans la Colombie la plus connue, celle des Andes, mais à l’Est du pays, vraiment dans la plaine et le vaste réseau fluvial du bassin de l’Amazone.

Ce sont les grands mythes fondateurs que l’association a retenu pour faire découvrir ces cultures - notamment celui du serpent ancestral - via deux grands types de passeurs : les chamanes et les artistes contemporains.

Les Chamanes sont des personnages centraux dans les communautés amérindiennes. Leur rôle social est important : ils peuvent être tour à tour médecin, conseiller et surtout prêtre ; gardien de la mémoire de la communauté, tant par les contes que par leurs capacités à rester en relation avec les anciens et les morts ; de ce fait, ils sont aux centres de plusieurs cercles de forces qu’ils doivent être capable de comprendre, d’analyser et d’équilibrer : les forces de la nature, les forces de l’Homme et, au delà, les forces cosmiques.

Les artistes contemporains sont un peu nos chamanes modernes dans la mesure où les artistes « donnent à voir » ce que la plupart ne voient pas. On peut citer l’exemple de Krajcberg, cet artiste brésilien combattant pour un respect profond de la Nature et défenseur, de ce fait, des Amérindiens d’Amazonie.

La dialectique qui s’instaure entre les deux types de passeur fonctionne ainsi comme un questionnement réflexif : la société contemporaine interroge le savoir des anciens et les chamanes interroge la société contemporaine, souvent autour de questions ou de valeurs communes et partagées.

Être à l’écoute, comme le sont les chamanes, nous permet, par exemple, de nous mettre nous aussi dans une posture d’attention à l’environnement, à la Nature. Le chamane questionne ainsi nos engagements en faveur de l’écologie.

« La Terre n’appartient pas à l’homme, c’est l’homme qui appartient à la Terre »

Et il ne faut surtout pas croire que les Amérindiens n’ont fait que passer, que cueillir ce que leur offrait la forêt. En réalité, ils l’ont bel et bien cultivée, amendée, enrichie et transformée pendant des milliers d’années... sans la détruire. Les Amérindiens ont fait du développement pérenne sans se payer de mots mais en disposant d’un véritable savoir-faire, presque d’une science agronomique ou médicale, comme l’explique très bien l’archéologue Stéphen Rostain.

Dans la logique du passeur, l’artiste contemporain, lui, apporte une série de média artistiques (peintures, photographies, poésie, performance, etc.) qui nous sont plus familiers, mais qui sont aussi des formes d’écritures. Le grand problème des chamanes (mais ce fut le cas aussi pour les druides gaulois) étant l’oralité : dans notre monde de l’écrit, si rien n’est fait, les savoirs et les connaissances des Amérindiens se volatilisent dans les frondaisons.

Dioscórides Pérez est peintre, graveurs, calligraphe, performeur...
Il a étudié tout d’abord la peinture à la Faculté Nationale des Beaux Arts de Colombie puis la gravure à l’Université du Costa Rica. Puis, la chine et son art de l’encrage et de la calligraphie l’ont conduit à Pékin. Il y a étudié les arts traditionnels chinois à l’Institut des Beaux Arts ainsi que le taïchi. Depuis, il travaille particulièrement avec les chamanes de la forêt amazonienne de Colombie.

L’autre passeur est Fernando Urbina Rangel, philosophe et poète, il a enseigné la philosophie à l’Université National de Colombie entre 1963 et 2004. Outre la pensée classique, grecque, Fernando Urbina Rangel avait dans ses enseignements la pensée indigène et les peintures rupestres amazoniennes. Il est l’auteur de nombreux livres et articles mais le dernier est particulièrement consacré à Dïïjama, l’homme serpent, mythe des Uitoto, qui est le cœur de l’exposition organisée par Symphonies culturelles.

Une première conférence « le chant du Chamane et le serpent ancestral » a eu lieu à la Mairie du Ve arrondissement le 21 mai dernier dans le cadre du festival Quartier du Livre. Elle était plutôt destinée aux enfants.
Ces célébrations seront prolongées au mois de novembre par une exposition, un colloque et d’autres types de manifestation, notamment sur la Seine.



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