À la conquête des sommets
9 mai 2017 | Anne de Buridan | Lire | Alpes |
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Yves Ballu propose une chronique raisonnée des aventures des alpinistes dans les Alpes des origines à nos jours.

Les montagnes ont toujours fascinées. Ces blancheurs immaculées surplombant l’horizon. Lointaines. Infranchissables. Dangereuses. Le mont Blanc était la « Montagne maudite ». Elles le furent pendant longtemps, maudites. Territoires des solitaires, par goût ou par nécessité : bergers, brigands, ou moines comme Saint Bruno à la recherche d’un érémitisme absolu.

Puis, vint le moment où des hommes suivit de près par des femmes, voulurent aller y voir de plus près. Au XVIIIe siècle encore, on ne connaissait à peut près rien des Alpes. Les montagnards descendaient dans la plaine, où on les trouvait sauvages, mais on montaient rarement les voir, pour la même raison. Mais, le XVIIIe siècle est aussi une époque d’explorations et de voyages, de curiosité et de défis. Les savants sont des explorateurs et réciproquement. Et comme toujours à ce jeu, les Anglais étaient en avance. Le 19 juin 1741, c’est donc une petit troupe de sujets britanniques qui explore la vallée de Chamonix à la grande stupeur des autochtones.

La voie est ouverte. Mais surtout, ils vont raconter et diffuser largement leurs aventures. La presse et l’édition s’emparent du sujet. L’émulation monte. À partir de là, on bataille pour atteindre en premier le sommet du plus haut des monts, le Mont Blanc. C’est un peu comme aller sur la lune. Qui mettra le premier les pieds sur le toit de l’Europe ?

En 1760, un jeune scientifique genevois part cueillir des fleurs dans la vallée de Chamonix pour herboriser. Mais Horace-Benedict de Saussure ne va pas s’intéresser longtemps aux pâquerettes et autres petites fleurs des champs. En levant le nez, il aperçoit le Mont Blanc et il est fasciné. À ce moment là, il ne rêve que de le conquérir, y poser le pied le premier. Et il va mettre en place une véritable stratégie pour y parvenir, créant du même coup un nouveau métier, celui des guides de hautes montagnes, compagnons indispensables désormais de tous les aventuriers.

Saussure en effet ne peut pas vaincre seul et donc il va convaincre les Chamoniards, à grands coups de récompenses sonnantes et trébuchantes, non seulement d’atteindre le sommet, mais aussi, dans un premier temps d’ouvrir des voies.

Et c’est ainsi que commença l’alpinisme dans les Alpes.

Les chroniques d’Yves Ballu sont autant de petites histoires ou de portraits vivants, racontées de façons légères et imagées, très bien documentées, qui nous font découvrir pas à pas les exploits, les réussites mais aussi les drames et les malheurs qui ont jalonnés la conquête des plus hauts sommets des Alpes depuis les origines jusqu’au milieu du XXe siècle.

À cette date, les techniques ont permis une démocratisation de la montagne et donc de l’alpinisme... Avec cette question posée en contrepoint par Christophe Profit à la fin du livre : la montagne est-elle désormais à ce point domestiquée qu’elle n’est plus qu’un terrain de jeu presque sans danger ou bien est-elle encore une terre d’aventures sans cesse renouvelée ? L’alpinisme n’est-il plus qu’un sport ou bien est-il encore autre chose, une quête d’autre chose ?

La littérature de montagne, dont ce livre, aura au moins se mérite. Si vous êtes simple randonneur ou montagnard un peu plus aguéri vous ne marcherez plus seul au milieu des sapins verts, des éboulis de roche ou sur les glaciers blancs (pour ce qu’il en reste...) ; mais vous serez accompagné, soutenu dans l’effort, par deux siècles d’une formidable aventure humaine...

Librairie des Alpes, 6, rue de Seine, 75006 Paris



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